Mercredi 31 décembre 2008
puisque le temps s'y prête envie de plonger dans mes souvenirs.
5ème nous étions petits, pourtant ce premier baiser échangé portait à la fois ce défi et cette promesse d'amour. Défi parce que personne nous attendait. Promesse parce que nous savions tous 2 que
ça avait un goût d'éternité.
Nous avons beaucoup joué avec nos coeurs. Nous nous sommes déchirés. Nous avons placé parfois notre amour entre d'autres mains. Oui j'ai eu envie d'une histoire avec Romain, quelque chose de plus
facile, de plus léger, j'ai longtemps voulu être aimé d'Adrien et vivre quelque chose de plus fort que l'amitié avec lui, mais je n'ai embrasssé qu'un ami sur ses lèvres. Je ne touchais que la peau
d'un complice. Philippe, machin et cie passades sans conséquence pas d'histoire d'amour, juste la réunion de 2 êtres pour un temps limité. G et T., je ne peux pas encore réécrire leur prénom
j'aimais profondément le couple formé avec le premier, être dans ses bras, notre intimité, curieusement il m'arrivera encore de penser à lui et tu souffriras toujours de cette seule autre histoire.
Nous nous étions déjà retrouvé, nous échangions par lettres et téléphone, confident de ces moments là tu sais ce qui nous unissait, je ne peux mentir en affirmant qu'il n'a jamais compté. T. il
avait mis en moi, tout ce qui le faisait si humble, si beau, il se présentait sans complexe, il acceptait sa tendresse, il acceptait ses rêves, il se projetait.
Je pense à eux aujourd'hui, parce que la question est tombée, je suis devenue femme seulement lorsque je suis devenue mère, ses histoires d'avant ne sont que celles d'une adolescente, je ne
connaîtrais donc que toi. Toi qui me connais depuis longtemps, qui m'a vu grandir, qui a grandi auprès de moi. Pas de légende, pas de mythes, peu de suppositions sur ce qui a été notre passé nous
nous sommes si souvent confiés nos vies. Nous nous savons. Nous n'avons pas de secret. Parfois j'aimerais me retrouver seule et siroter un souvenir connu de moi seule. Sûrement égoïste. Mais
surtout quasi impossible. Nos vies sont finement entrelacées. On s'est toujours retrouvé. Lorsque nous nous détestions, nous avions toujours un ami d'ami pour nous rappeler l'autre, sa vie, son
quotidien. Lorsque nous nous entendions, nous oublions les autres pour sceller notre avenir d'un baiser. Oui, nous volions aux autres le gage de la fidélité.On se croisait près d'une salle de
sport, le temps d'un trajet en bus, à la patinoire, dans la rue et toujours ce baiser, celui si long, si assuré, qui voulait témoigner de notre seule certitude,un jour nous saurons nous retrouver
ad vitam.
Je pense à toi. Je ne pense plus qu'à toi. A notre couple. Tu as pris ta veste, tu as quitté la pièce.
Je pense à moi. Je cherche des yeux mes enfants. Ils font sens. On ne les a pas voulu comme preuve de notre amour. Comme la toute puissance de nos sentiments. Non, on les a voulu pour leur laisser
la chance de vivre un jour le plaisir d'être pleinement soi à 2. Le sentiment d'être totalement indépendant bien que lié à l'autre. Cet état des choses qui nous a rendu plus fort. Qui nous fait
vouloir une vie simple parce que rien ne nous contente plus que de savoir que l'on ne se perdra pas dans le corps de l'autre. Notre amour n'est pas de ceux qui vous font vous oublier, vous enivrer.
Notre amour est celui qui garde une part de secret, un seul que nous ne percerons jamais, comment à 13 ans pouvions nous savoir? Comment le baiser de la petite fille si timide fut donné au
marginal? Comment nos yeux dans le même temps se sont livrés la même certitude? Comment avons nous su lire l'autre?
Nous ignorons pourquoi nous nous sommes aimé.
Mais nous savons tous 2, que la première fois que nous sommes entrés dans la classe de Madame Puech, moi devant, toi sur le côté, en retrait, cette fois là, quand tout nous éloignais, nous avons
tous 2 été captivés, près de 2 ans plus tard nous en faisions acte. Nous dépassions les barrières de ce que l'on représentait. Nous faisions fi du jugement des autres. Et près du portail, tes pîeds
en dehors du collège, les miens dedans, nous nous embrassions et nous nous faisions déjà cette non demande en mariage.
Je t'aime. J'ai tressailli lorsque j'ai entendu la porte du garage. J'ai dit à Anna que le monde s'arrêtait. Que ce n'était pas prévu. Qu'il était mon unique. J'ai laissé nos larmes couler. J'ai
cru à ton non retour. J'ai cru que je t'avais demandé de nous quitter.
Je t'aime. Mon corps s'est resaisi lorsque j'ai cru reconnaître tes pas sous le plancher. Je ne sais pas te dire tout ça. On se contente de nos regards embués pleins de cette innocente promesse
enfantine qui sait réapparaitre malgré les années.
On se contente de cette étreinte aussi timide que ce jour d'été.
On se contente de s'endormir en oubliant, en souriant.
Je t'aime. Et finalement tu es le seul dont les souvenirs me réchauffent tendrement. Tu crois en l'importance des autres. Moi, je ne m'en rappelle que parce qu'ils m'ont accompagné un peu sur la
longue route qui me menait à toi. Ils m'ont aidé à devenir celle qui n'hésiterait pas place de la mairie le jour dit à te rejoindre. Ils étaient là pour me prouver que je ne me trompais pas. Chacun
d'eux m'a revêtu d'un secret, d'un peu de puissance, chacun d'eux m'a ramené à toi.
3 jours avant de partir nous nous sommes donnés rendez vous, pour une fois, je m'y suis rendue. Ce qui tu étais beau avec tes dreads, avec ton pantalon sans forme, avec ton teint hâlé. Lorsque j'ai
pris ta main. Lorsque je t'ai embrassé. C'était sans le moindre doute.
Je t'aime mon ami, je t'aime mon amant, je t'aime ma liberté.
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